01/05/2026 / NEWSLETTER MAI 2026
NEWSLETTER MAI 2026
Chèr·es ami·es, salut.
Mai, historiquement bondissant, tremble déjà, écoutez : pour accompagner les beaux jours, les colères, les enthousiasmes et stupéfactions, les fatigues comme les remontées de sève et de sang, pour leur donner forme et altitude, voici nos contributions, nos rendez-vous, nos amitiés:
#01 Jazz improvisé, chansons d’amour psychédéliques, soul détraquée, la musique d’Eric Chenaux s’écoule sans tension, ni résolution, mais à la façon d’une eau vive et capricieuse, suivant mille détours et charriant au passage mille impuretés. En solo outre-manche, puis en tournée canadienne flanquée de l’acolyte de toujours Ryan Driver aux claviers lévitant.
#02 Winter Family cultive son art monstre en terrain miné, tout arrosé de liturgies, de castagnes, d’humour violent et de désarroi. Ce sont des chansons qui trainent le sublime dans les flaques et hissent les pulsions basses vers la beauté.
#03 Julien Desprez nous apparaît comme une espèce de pré-socratique post-punk, ce qui est aberrant, ce qui est génial. Va qu’il pense en dansant dans le vacarme lumineux dont il est lui-même à la fois l’artificier, le théoricien-vandale et le cobaye enflammé.
#04 Thomas Bonvalet donnera une série de concerts, à raison de trois par jour (à 14h- 15h30-17h), en comité très réduit, à la guitare électrique débranchée tels que l’hyperacousie l’y contraint aujourd’hui, mais dans lesquels il invente une forme de radicalité nouvelle, dans lesquels il trouve et donne en partage des beautés inédites.
#05 Milkweed soutenu·es par des membres du Shovel Dance, font gondoler matière brute et effluves spectrales au sein d’une même image un peu brûlée : celle d’un folk hantologique urgent, paléolithique et crypto-garage, fascinant quoi qu’il en soit.
#06 Sourdure pousse toujours plus loin le bouchon vers une musique de danse, de transe et de greffes affolantes (drones, bleeps, traits de violon, science orale et culture de labo.) secouée de poésie directe et d’enjeux esthétiques inédits.
#07 La Tène a trouvé le dénominateur commun au rock le plus buté et aux musiques anciennes – voire très anciennes – traditionnelles ou non, et le fait bouillir au gré de concerts immobiles et fascinants.
#08 Nina Garcia a remplacé toute la musique à guitares connue jusqu’ici par un trou béant, magnifique et hurlant, un face à face avec la ténèbre radical. Amateur·rice·s de beautés extrêmes: ne la manquez pas!
#09 Radio Hito modélise d’étranges pièces minimales entre chanson infra, textures sonores étudiées au microscope, copeaux poétiques soigneusement triés, pleines de cœur et d’émotions troubles.
#10 Zoe Heselton vient, se branche, ouvre la bouche, tout bascule et s’enfièvre à la faveur de rituels free-blues élevés comme des serpents tout autour de chansons-poignards comme en témoigne son album live en solo qui sort ce mois-ci. Avec aussi son sextet-pieuvre Sister Outsider pour une nouvelle création intitulée ‘Point of No Return‘ à Strasbourg, puis en solo.
#11 C’est en nous dégourdissant les jambes que Danse Musique Rhône-Alpes mène ses expériences sur nos cerveaux, à forces de beats arythmiques, d’hallucinations auditives et de concepts manipulés façon bad boy grillant deux paquets de fumigènes par jour.
#12 Matt Elliott, c’est la haute-couture du spleen, visions d’encre, sourdes avalanches d’arpèges, chant de mercure, humeurs balkaniques. Ce qui tombe bien au vu de ces dates au Sud-Est.
#13 Bégayer, nouvelle tournée (principalement) anglaise pour ce véritable gang de pérégrins singulièrement mutiques et bruyants, dont l’oeuvre instable a des airs de fonderie et de temple précaire, travaillée dans l’au-delà de tout, des musiques du monde, du jazz, du rock, de la danse aussi et du langage surtout.
#14 Stranded Horse & Boubacar Cissokho prennent le temps de tout, le temps qui manque à tout, et le redistribuent en chansons dodelinantes, lumineuses et longues où nous serons toujours plus bienvenus, dont nous nous sentirons toujours, tout autant que nous sommes les très chanceux invités.
#15 Vincent Moon Live Cinéma, c’est une roulotte infatigable, menée par un diseur de bonne aventure d’un genre nouveau. Boule de cristal, musiques vivantes inactuelles, mystère incarné: voilà son programme fou.
#16 Ce sont des pistes noires, les pistes de danse que Das Kinn fait dévaler aux clubbers, nourrissant un feu toujours plus gros, crépitant, périlleux, excitant. Deux dates dans son Allemagne natale avant un retour par chez nous.
#17 Sorciers branques articulant rythmiques élastiques, textures intranquilles, ritournelles collantes dans un même onirisme saturé, coupant, tétanique, Rien Virgule termine sa tournée d’adieu pour des concerts émouvants, forcément.

