01/04/2026 / NEWSLETTER AVRIL 2026
NEWSLETTER AVRIL 2026
Chères, chers, bonjour!
Voici déjà notre courrier du mois, rédigé sous un ciel bleu dont on se demande toujours un peu ce qu’il cache, avec quelques nouveaux rendez-vous: musiques excessives ou radicalement économes, douceurs mille fois bienvenues ou électricités soupe-au-lait, amitiés en tout genre et de toutes intensités.
#01 Èlg & La Chimie sont les auteur·ices d’un disque-phénomène au sens propre, rempli de chansons dont la démesure n’a d’égale que l’époque convulsive dans lequel il a pris sa drôle de forme. Variété de grand luxe dérangé, aventures sonores et mélodies XXL, poésie polycéphale, le répertoire de ce trio magique est aussi singulier que généreux.
#02 Voix de pétrole, valses bancroches d’un côté, halo fantomatique de l’autre, Matt Elliott pour qui le songwriting semble être l’occasion toujours renouvelée d’un fécond tête-à-tête avec l’invisible.
#03 Quel exhilarant et fascinant projet A/V que ‘A Particular Presence’ de Danse Musique Rhône-Alpes où la house music est considérée comme une science dure et le clubbing comme un labo fracassé dont les objet de recherches serait, dans le désordre: l’inquiétante étrangeté du quotidien, les apparitions de spectres, la post-vérité, les superstitions contemporaines.
#04 Marion Cousin & Eloïse Decazes transforment un petit corpus d’airs traditionnels un peu lointains en machineries sonores subtilement déréglées, faites de mélodies magnétiques et de textures inédites, d’équilibres ouvertement précaires, de chagrins divers et de liberté.
#05 Vincent Moon Live Cinéma, c’est une roulotte infatigable, menée par un diseur de bonne aventure d’un genre nouveau. Boule de cristal, musiques vivantes inactuelles, mystère incarné: voilà son programme fou.
#06 Felicia Atkinson sonde sans tapages les grandes vertus du presque rien : écumes de poésie, sci-fi spéculative, ready-made déconcertants, improvisations à pas d’enfant grossissent ensemble une même buée sur laquelle inventer des formes, du bout du doigt.
#07 Julien Desprez a transformé la guitare-jazz en fer à souder, l’art des claquettes en pogo pré-socratique, la lumière en pensée, la pensée en bagarre et la bagarre en art total, fulminant et cool.
#08 Le collectif artistique tunisien SIWA-Economat Redeyef et l’ébouillantant groupe français Bégayer mettent en commun leurs bondissantes citernes d’idées, leurs instruments faits main, leurs objets sonores insolites non-identifiés et leur amour des formes données en pure perte. Une belle amitié au long cours pour une date unique, où traditions musicales, danses et projections 16mm se rencontrent et se réinventent dans une expérience collective hors-mesures.
#09 Le pianiste Raphael Loher est un compositeur qu’on pourrait dire parfaitement centripète faisant tournoyer une seule idée vers l’intérieur d’elle-même pour la concentrer, l’accélérer jusqu’à lui faire creuser son propre siphon révélateur. Dix notes, un geste, une mille variations et des possibles infinis.
#10 On sait bien peu de choses de ce que représente un art vraiment radical avant d’avoir vu la guitariste Nina Garcia littéralement crever son ampli sous les attaques de spectres rugissants, faire basculer l’espace, mettre la musique à zéro.
#11 Dernières dates à ne pas manquer de Rien Virgule (avant une pause à durée non déterminée), groupe absolument passionnant, dont la musique ultra-violette et littéralement stupéfiante semble découpée dans la texture même des rêves.
#12 Zoe Heselton est dotée d’une voix tout proprement exceptionnelle, profonde et versatile. Sa musique est une fièvre contractée dans le blues. Elle a pourtant comme des pouvoirs de guérison, des vertus baptismales, une lumière neuve. Allez donc vous y régénérer.
#13 Milkweed est une espèce de grimoire folk ancestral photocopié-dégradé, rehaussé de graffitis contemporains puis agrafé dans l’urgence en fanzine turbulent et chiffonné. C’est chargé comme une maison authentiquement hantée, excitant comme le plus effronté des groupes de slackers du village, immémorial et vraiment neuf.
#14 Danse Musique Rhône-Alpes, y’a du boum-boum et des hallus, des soufflettes de fumigènes et des angles morts-vivants dans cette musique à se péter les rotules tout en se dilatant le bulbe.
#15 Dispars (Alexis Degrenier & Clara Lévy) entend donner entièrement corps, matière et adhérence à des concepts fourmillant de vie, à toute une philosophie-termite apte à saper la pensée autoritaire par ses fondations.
#16 Das Kinn aiguise une musique électronique génialement zinzin, punk et arty comme un tiroir entier de vieux couteaux sur un même fusil cagneux. Au final rien n’est droit mais tout coupe méchamment.
#17 La réalisatrice Stéphanie Régnier signe avec son film ‘Le Silence Du Musicien’ un portrait au long cours de Thomas Bonvalet. Partie pour l’accompagner en tournée et dans une cabane au “creux des bois” où il enregistre à sa drôle de manière un nouvel album, elle assiste à la montée du mal qui va petit à petit acculer Thomas au repli et au silence, à de nouvelles réinventions de lui-même aussi. Ce film est aussi le récit d’un courage et d’une force qui va.
#18 Le temps d’un set acoustique rare, Alexis Degrenier donne à entendre ses compositions bruissantes, agitées de mathématiques déréglées, de spiritualités intranquilles, de beautés sans merci.
#19 Eric Chenaux invente des durées insensées. Une guitare rebondissante, des rythmes plus qu’impairs, des mélodies imprévisibles, en sont les instruments de mesure excentriques. C’est sexy, c’est étrange, régulièrement drôle, et soudain émouvant.
#20 Un concert de Winter Family a quelque chose d’une toile cubiste où techno défoncée, balades funèbres, hip-hop sur le ring, musique de fête, drônes bougons, et mauvais sorts, sont autant de faces contraires dépliées simultanément.

