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  • 1_ Obs7
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  • 8_ 17°00

Press

  • The Drone
    "Mais si III est sans doute le plus sinueux de la discographie des acolytes (...), il se dégage une certaine frénésie, une violence sourde, contenue mais bel et bien perceptible. Entre les voix tourmentées de "Black Corée" et son synthé obsédant, la progression tout en retenue de "Klimov" ou les sirènes de "Dassault", ce disque recèle une noirceur hypnotique, guère éloignée de l'atmosphère de la techno la plus sombre."
  • Sourdoreille
    "Entre bruit nerveux à tendance martiale et plages électriques sombres, terriblement tendues, c’est un mélange réussi et une invitation à l’abandon et à l’échappée. Amateurs de sonorités froides et de son sourd, tenez-vous bien. La musique de cette bande est garantie dense et désincarnée."
  • Noisey Vice
    "Electric Electric propulse un rock mutant, au son énorme mais au format hors normes, tout en martèlements hypnotiques et déferlements magnétiques. De l'électricité pas du tout statique. Au contraire : vibrante et grondante."
  • X Silence
    "On a comme un sentiment oppressant face à de telles sonorités métronomiques qui surgissent sans sommation et nous foutent la tête dans le sac. Et le pire, c'est qu'on en redemande, à l'instar de la pépite de clôture '17°00' qui est autant oppressante qu'exaltante. C'est dire."
  • Alter1fo
    "Car au-delà de la précision et de l’énergie incandescente qui se dégage de ce léviathan percussif, le plus fascinant reste la richesse de ce qui se déploie en son sein. Guitare transfigurée, voix puissamment fantomatiques, synthés déviants se mêlent, s’empilent, se répondent avec un soin maniaque. On ressort de là à nouveau totalement conquis et ravi : si le pur plaisir physique de leur musique reste toujours aussi époustouflant, leurs paysages musicaux ont encore gagné en finesse et en complexité sonore."
  • Chromatique
    "Boucles minimalistes, tapis roulant polyrythmique, c'est une tempête quasiment ininterrompue qui déferle sur scène et se propage dans la fosse."
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Electric Electric
‘III’

MM017
09/23/2016

Troisième album du trio strasbourgeois, le bien nommé ‘III’ opère sa révolution intérieure tranchant son arc électrique pour mieux développer la répétitivité constitutive du trio en une entité sonique de plus en plus singulière et affirmée, à la cohésion aussi massive, dense et transcendante qu’une pyramide.

Apparu en 2005 sur la scène punk underground strasbourgeoise (squats, fanzines, autoproduction, autogestion), le trio formé par Éric Bentz (guitare, voix), Vincent Robert (clavier, voix) et Vincent Redel (batterie) s’est rapidement fait connaître pour ses concerts aussi électrisants que dansants, mariant autoroutes krautrock, accidents mathrock, griffures noise, et électronique intégrée. Le bolide a sillonné les routes d’ici et d’ailleurs, du festival ZXZW de Tilburg (NL) aux Eurockéennes de Belfort, du Tapette fest. à la Route du Rock en passant par Jazz à Mulhouse, Les Rockomotives, Musiques Volantes, South By Southwest (US) ou encore Pop Montréal (CA)…

Le trio a produit en série son moteur hybride et polyrythmique, sur deux albums nerveux et racés (Sad City Handclappers’ , en 2008, et Discipline’ , en 2012), à des tempos qui franchissaient aisément la ligne blanche, tout en puissance (volume), accélérations (motorik) et virages contrôlés (virtuosité) ; soit « la puissance de Slayer au service de Shellac », selon un journaliste aux bons mots, formule magique à laquelle on ajoutera quelques ingrédients psychédéliques (Silver Apples), krautrock (Can, Neu), post-punk (PIL, Muslimgauze), futuristes (TransAm, Add N To X), ou tout ça à la fois (Boredoms, Clinic, Suuns, Nisennenmondai, Beak>). 

Partageant leur tour-bus avec No Means No, TransAm, Psychic Paramount, Lucky Dragons, Action Beat, Monotonix ou The Intelligence, le trio déroule aussi régulièrement dans les équipées sauvages de ‘La Colonie de Vacances’, concerts punk à quatre groupes (Papier Tigre, Pneu, Marvin, Electric Electric) et onze types cernant, quadrillant un public ravi d’être ainsi traversé, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, ne sachant plus où donner de la tête, ni du corps.

De ces expériences communautaires, le trio de tête a moins gardé la dispersion des fréquences et les nécessaires compromis à l’intérêt général, que la nécessité d’affirmer et d’assumer son idiosyncrasie, son cosmos intime.

Ce nouveau-né III’ arrive donc comme une petite révolution face à tout ce qui constituait leur électricité au carré (festive, frénétique, instrumentale). Eric, porteur de l’esthétique du groupe, initie ce mouvement en 2014 lorsqu’il envoie à ses acolytes des démos pour la première fois sans riffs de guitares ni batteries, mais nourries de plages ambient, de voix spectrales, inédites, et de tempos ralentis, lointains. Nait alors une double mise en tension, un élan réciproque : la possibilité pour ces désirs intimes de se réaliser au sein de l’espace collectif du groupe et l’ouverture inédite de la composition aux autres membres, dans la poursuite d’une esthétique commune.

À ce besoin de rouler moins vite et de taper moins fort, mais de faire émerger de la fureur habituelle le détail lumineux, la part intime de soi qui justifie la transe et l’exaltation, autant que la sourde inquiétude de la violence sociale et politique, les deux autres musiciens ont accordé leurs machines et batterie pour également brouiller les pistes, les époques, les références, passer de la ligne claire de l’événement brut à une immersion dans les strates sonores et les détails de production, en agrégeant à l’ADN survolté du groupe les musiques qu’ils écoutent : musique contemporaine ou électro-acoustique, du GRM à Morton Feldman, jusqu’aux expérimentations de Coil, Scott Walker, ou plus près de nous, des électronicistes Lee Gamble ou Vatican Shadow.

Ce travail sur les textures, les timbres, les fréquences, facilité par des échanges épistolaires argumentés (Vincent Robert travaillant la production et le mix depuis Nantes, à distance avec Eric), et la présence marquée de la voix et du chant (Les Bêtes contient même un long spoken-word de Philippe Poirier, de Kat Onoma) ne font pour autant pas sonner ‘III’ comme un rejet de l’esthétique première du groupe, mais enrichissent et singularisent leurs ambitions. De danse, de transe, rituelle quoique toujours profane, exaltant la libération des corps dans la répétition, la différence, ou l’événement, la musique du trio est toujours, à sa manière, politique, moins dans l’évocation (pour Dassault, Black Corée, Klimov – en référence à l’auteur russe de Requiem pour un massacre) que dans la fonction qu’elle occupe, de libérer les corps ou de les faire s’abandonner, les faire exulter, vivre pleinement, sans fard ni contraintes, ne serait-ce que le temps d’un concert.

Electric Electric is:

Eric Bentz, Vincent Redel, Vincent Robert.
Produced by Eric Bentz and Vincent Robert.
Recorded by Vincent Robert
at Pine Cone studio in Strasbourg 2015.
Mixed by Vincent Robert in Nantes 2016.
Mastering by Aigle Noir.
Photo Cover by Laure Nantois.

III is:

Eric Bentz : guitars and vocals, plus analog synth on Obs7 and Dassault,
percussions on Pointe Noire, drums on The River, Dassault and les Bêtes.
Vincent Redel : drums on Obs7, Klimov and 17°00.
Vincent Robert : analog and digital synths,
programming, vocals, plus drums on Black Corée.
Philippe Poirier : vocals and lyrics on les Bêtes.
Julie “Lispector” Margat : lyrics on Black Corée.

© Murailles Music, Kythibong 2016

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