01/06/2026 / NEWSLETTER JUIN 2026
NEWSLETTER JUIN 2026
Chères, chers, salut!
A l’heure où nous vous écrivons, la météo clignote et les journaux bégaient. Juin vient et quelque chose surgit qui vous serre le cœur. Voilà, en sus, du bruit, du silence, des écritures neuves, des allégresses, des coups d’effroi, des rendez-vous:
#01 Arlt fête ses 20 ans de tête-à-tête, de coups d’éclats divers et de transformations avec une petite volée de dates en duo, aux confins troubles du concert-action, de l’installation d’art, de la rétrospective suicidaire et de la réinvention spontanée sur quelques un des lieux qui ont vu naître le duo.
#02 Avec une guitare maigre, une pédale et un ampli hanté répondant au moindre de ses gestes, Nina Garcia ralentit les paysages et brusque les durées, épaissit drôlement sa musique à mesure qu’elle la décharne, provoque autant les tensions qu’elle s’y livre, pour les résoudre ou se laisser résoudre par elles.
#03 La musique non-mouvementée de Felicia Atkinson, moins contemplative que dotée de double vue, moins méditative que quasi-télépathique, moins minimale qu’extrêmement concentrée, transmet à qui l’écoute quelque chose de ses drôles de pouvoirs.
#04 Danse Musique Rhône-Alpes, c’est une synthèse tendance labo clandé à la Breaking Bad, beats déréglés, concepts déformants, tendance un peu louche à transformer la teuf en descente paranoïaque et le jus de cerveau en breuvage requinquant-zinzin: et tout ça légalement, pourvu que ça dure.
#05 Un rien de rab bienvenu dans la tournée d’adieu de Rien Virgule avec trois occasions supplémentaires d’aller fermenter encore dans leur étrange marécage rougeoyant, plus bubonique que onirique, leur grande musique de sabbat.
#06 Le Live-Cinéma de Vincent Moon est une roulotte infatigable, menée par un diseur de bonne aventure d’un genre nouveau. Boule de cristal, musiques vivantes inactuelles, mystère incarné: voilà son programme fou.
#07 Dans un exercice de translation mutante absolument personnel, Radio Hito déplace la poésie de Claude Royet-Journoud en Italien blafard et l’articule à d’entêtantes popsongs très nues, monochromes scintillants dont le mystère sans brume aucune nous fascinera longtemps.
#08 Deux dates en solo sur ses propres terres pour Stranded Horse, auteur de remarquables folksongs carillonnant sur une kora faite main, lumineuses quoi qu’escarpées, que le chant enfièvre ou cajole tour à tour.
#09 La musique de Zoe Heselton est une fièvre contractée dans le blues. Elle a pourtant comme des pouvoirs de guérison, des vertus baptismales, une lumière neuve. Allez donc vous y régénérer.
#10 Thomas Bonvalet joue pour une poignée de spectateurs des pièces hirsutes et virtuoses à la guitare électrique débranchée – ça n’a rien à voir avec jouer de la guitare acoustique. Voilà une musique jouée aux confins du silence au milieu d’un labyrinthe harmonique sans équivalent, c’est bouleversant.
#11 Belle date et création surprise dans un curieux festival d’altitude pour Sourdure dans la musique duquel on ne sait plus bien différencier le traditionnel du jamais-entendu, les ruminations de violoneux des audaces du beatmaker, le couteau rouillé du montagnard des pédales d’effets non orthodoxes.
#12 Que joue Das Kinn au juste, bien malin qui le dira. Du rock motorique entièrement tiré de machines pétées ou d’une house assez fun et arty dont la bonne humeur agressive est résolument punk. Ses concerts sont, quoi qu’il en soit, toujours de grands moments de liesse un peu chtarbée.
#13 Marion Cousin & Eloïse Decazes font aller et venir quelques émouvantes chansons sans auteur sur un curseur de leur invention, dans une temporalité floue faites de distorsions artisanales, de superpositions sonores audacieuses, de pollutions diverses et d’improvisations toujours surprenantes.
#14 Milkweed semble avoir mélangé quelques pages de vieux grimoires folk avec celles d’un livre de recettes de cuisine paléolithique. Ici tout gondole, chuinte et fume.

