I N S T I T U T R I C E

BIO

La matière sonore de ‘Cohortes’ provient d’un ensemble d’instruments à percussion d’inspiration asiatique composé d’ustensiles de cuisine détournés (plats en cuivre ou en aluminium), de quelques instruments exotiques (bol tibétain, petit gong), complété par les éléments épars d’une batterie rock désossée (tom, cymbales, etc.). Cet instrumentarium improvisé a été ensuite prolongé et  densifié par un travail de montage, l’ajout de synthétiseur et d’enregistrements de terrain. Tirant parti des qualités microtonales et magiques des percussions exotiques, ‘Cohortes’ est un album habité et puissant. Pas tant une reconstitution, mais une manière d’éprouver une musique propitiatoire en appartement. Les 2 musiciens d’ I N S T I T U T R I C E exploitent ici les spécificités des percussions à leur disposition, mais filtrées par leurs expériences respectives – dans la musique de films ou de scène pour Éric Bentz, les rythmes appuyés du noise-rock pour Jean-Baptiste Geoffroy.

La musique d’ I N S T I T U T R I C E évoque par moments les gongs horizontaux appelés kong vong thom de l’orchestre cambodgien, ou les fulgurances d’un ensemble de gongs kolintang de Mindanao, au sud des Philippines. On est ici dans le monde flottant d’un folklore imaginaire dont les sonorités évoquent ces musiques traditionnelles asiatiques, mais étrangement propulsé par un drive puissant, une mise en place au cordeau et troublé de sons électroniques discrets. Les traitements sonores utilisés ne sont jamais en contradiction avec le son des percussions, ne sont jamais incongrus mais plutôt un prolongement naturel qui augmente ou amplifie les percussions. On pourrait dire que, en terme de traitement sonore, I N S T I T U T R I C E travaille toujours « dans le sens du bois ».

À la première écoute, l’album ‘Cohortes’ paraît massif et monolithique, mais il recèle quelques étapes clés et quelques balises pour orienter l’écoute. Le morceau intitulé ‘Werner’, à près de 11 mn 30 s, est la pièce de résistance de Cohortes. Un feu d’artifice de gongs et de cymbales sur fond de drone mystique, c’est un morceau monumental et très prenant. Le cinquième morceau, intitulé ‘Jacques’, exploite des nuances un peu différentes de ce qui précède, avec des percussions frottées à l’archet, des cymbales de l’opéra chinois, un synthétiseur plus présent que sur d’autres morceaux. C’est un moment festif et joyeux. Enfin, le superbe ‘Procession’, incluant des enregistrements d’une estive d’un éleveur de chèvres au Portugal, est le morceau pastoral de l’album.

Texte par Laurent Fairon

Le duo I N S T I T U T R I C E inscrit sa musique dans un vaste mouvement universel visant à réenchanter la musique du 21ème siècle, devenue par trop programmatique, prévisible et cynique, un processus que le sociologue Max Weber appelle démagification (Entzauberung), qui voit la technique moderne remplacer progressivement la vieille magie. Sur leur premier album en duo, Éric Bentz et Jean-Baptiste Geoffroy s’emploient à réconcilier la technologie sonore et certaines pratiques musicales ancestrales. Leur musique ne sonne pas comme celle d’un duo, mais plutôt comme une expérience collective que nous sommes invités à partager.

Jean-Baptiste Geoffroy, percussionniste, manipulateur de sons et field recordist né à Chambray-lès-Tours en 1984. Depuis 2006, batteur dans Pneu, Futuroscope et La Colonie de Vacances (avec Éric Bentz), ainsi que dans une demi-douzaine d’autres groupes ou projets (Papaye, Jagwar Pirates, Boogers, Binidu, Funken, Gablé, Hilgege, Ankle Stress). Depuis 2012, duos avec la chorégraphe Hélène Rocheteau intitulés Blast et Nuit Manquante. Projets solo Magic Barbecue en 2008 et Tachycardie depuis 2014 – dernier album : ‘Probables’ en 2019.

Éric Bentz, compositeur et sound-designer né à Sarrebourg en 1977. De 2008 à 2016, guitariste et chanteur du groupe Electric Electric – nombreuses tournées en Europe, Etats Unis et Russie. Membre fondateur de La Colonie de Vacances en 2010, réunion de 4 groupes noise rock différents. Depuis 2011, designer sonore pour des installations multimédias et compositeur de musiques de films, notamment pour les réalisateurs Boris Lojkine et Clément Cogitore, travail récompensé au festival de Clermont Ferrand en 2018 et Locarno en 2019. Sa pratique musicale évolue ces dernières années par l’inclusion d’enregistrements de terrain et de sons concrets.

FORMATION :
Éric Bentz : percussions, sons environnementaux, traitement sonore
Jean-Baptiste Geoffroy : percussions, sons environnementaux, traitement sonore


LIENS


CONTACT

Booking : jullian.muraillesmusic[at]gmail.com
Promo : nico[at]unjenesaisquoi.org + promo.muraillesmusic[at]gmail.com

DISCOGRAPHIE

  • COHORTES

    Un je-ne-sais-quoi2021
    LP

BIO

La matière sonore de ‘Cohortes’ provient d’un ensemble d’instruments à percussion d’inspiration asiatique composé d’ustensiles de cuisine détournés (plats en cuivre ou en aluminium), de quelques instruments exotiques (bol tibétain, petit gong), complété par les éléments épars d’une batterie rock désossée (tom, cymbales, etc.). Cet instrumentarium improvisé a été ensuite prolongé et  densifié par un travail de montage, l’ajout de synthétiseur et d’enregistrements de terrain. Tirant parti des qualités microtonales et magiques des percussions exotiques, ‘Cohortes’ est un album habité et puissant. Pas tant une reconstitution, mais une manière d’éprouver une musique propitiatoire en appartement. Les 2 musiciens d’ I N S T I T U T R I C E exploitent ici les spécificités des percussions à leur disposition, mais filtrées par leurs expériences respectives – dans la musique de films ou de scène pour Éric Bentz, les rythmes appuyés du noise-rock pour Jean-Baptiste Geoffroy.

La musique d’ I N S T I T U T R I C E évoque par moments les gongs horizontaux appelés kong vong thom de l’orchestre cambodgien, ou les fulgurances d’un ensemble de gongs kolintang de Mindanao, au sud des Philippines. On est ici dans le monde flottant d’un folklore imaginaire dont les sonorités évoquent ces musiques traditionnelles asiatiques, mais étrangement propulsé par un drive puissant, une mise en place au cordeau et troublé de sons électroniques discrets. Les traitements sonores utilisés ne sont jamais en contradiction avec le son des percussions, ne sont jamais incongrus mais plutôt un prolongement naturel qui augmente ou amplifie les percussions. On pourrait dire que, en terme de traitement sonore, I N S T I T U T R I C E travaille toujours « dans le sens du bois ».

À la première écoute, l’album ‘Cohortes’ paraît massif et monolithique, mais il recèle quelques étapes clés et quelques balises pour orienter l’écoute. Le morceau intitulé ‘Werner’, à près de 11 mn 30 s, est la pièce de résistance de Cohortes. Un feu d’artifice de gongs et de cymbales sur fond de drone mystique, c’est un morceau monumental et très prenant. Le cinquième morceau, intitulé ‘Jacques’, exploite des nuances un peu différentes de ce qui précède, avec des percussions frottées à l’archet, des cymbales de l’opéra chinois, un synthétiseur plus présent que sur d’autres morceaux. C’est un moment festif et joyeux. Enfin, le superbe ‘Procession’, incluant des enregistrements d’une estive d’un éleveur de chèvres au Portugal, est le morceau pastoral de l’album.

Texte par Laurent Fairon

Le duo I N S T I T U T R I C E inscrit sa musique dans un vaste mouvement universel visant à réenchanter la musique du 21ème siècle, devenue par trop programmatique, prévisible et cynique, un processus que le sociologue Max Weber appelle démagification (Entzauberung), qui voit la technique moderne remplacer progressivement la vieille magie. Sur leur premier album en duo, Éric Bentz et Jean-Baptiste Geoffroy s’emploient à réconcilier la technologie sonore et certaines pratiques musicales ancestrales. Leur musique ne sonne pas comme celle d’un duo, mais plutôt comme une expérience collective que nous sommes invités à partager.

Jean-Baptiste Geoffroy, percussionniste, manipulateur de sons et field recordist né à Chambray-lès-Tours en 1984. Depuis 2006, batteur dans Pneu, Futuroscope et La Colonie de Vacances (avec Éric Bentz), ainsi que dans une demi-douzaine d’autres groupes ou projets (Papaye, Jagwar Pirates, Boogers, Binidu, Funken, Gablé, Hilgege, Ankle Stress). Depuis 2012, duos avec la chorégraphe Hélène Rocheteau intitulés Blast et Nuit Manquante. Projets solo Magic Barbecue en 2008 et Tachycardie depuis 2014 – dernier album : ‘Probables’ en 2019.

Éric Bentz, compositeur et sound-designer né à Sarrebourg en 1977. De 2008 à 2016, guitariste et chanteur du groupe Electric Electric – nombreuses tournées en Europe, Etats Unis et Russie. Membre fondateur de La Colonie de Vacances en 2010, réunion de 4 groupes noise rock différents. Depuis 2011, designer sonore pour des installations multimédias et compositeur de musiques de films, notamment pour les réalisateurs Boris Lojkine et Clément Cogitore, travail récompensé au festival de Clermont Ferrand en 2018 et Locarno en 2019. Sa pratique musicale évolue ces dernières années par l’inclusion d’enregistrements de terrain et de sons concrets.

FORMATION :
Éric Bentz : percussions, sons environnementaux, traitement sonore
Jean-Baptiste Geoffroy : percussions, sons environnementaux, traitement sonore

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  • COHORTES

    Un je-ne-sais-quoi2021
    LP

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Promo : nico[at]unjenesaisquoi.org + promo.muraillesmusic[at]gmail.com